Samedi 28 novembre 2009
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"Au marché de Medina, le principal de Conakry, un sac de 50 kilos de riz coûte au moins 240.000 francs guinéens, soit 25% de plus qu'il y a un mois. "Lorsque je me suis rendue compte qu'avec mes
20.000 francs je n'aurai presque rien pu acheter, j'ai failli éclater en larmes", a raconté à l'agence Irin une femme qui vit dans le quartier de Rotoma. Plusieurs sources de presse soutiennent que
les augmentations des prix des biens alimentaires de première nécessité coïncident avec l'aggravation de la crise politique, depuis fin septembre. De même, le secrétaire général de la Conférence
épiscopale de Guinée, père Come Traoré, raconte à la MISNA que la dure confrontation entre la junte au pouvoir depuis décembre et les partis de l'opposition favorise une tendance à la spéculation.
"Les désordres de ces dernières semaines ou les grèves convoquées par l'opposition, comme celle d'hier, ont contraint nombre de magasins à rester fermés par crainte de violences et représailles; le
peu de commerçants ouverts vendent par conséquent à des prix supérieurs, comme s'ils détenaient le monopole du marché", raconte le religieux. Sur les marchés de la capitale un kilo de sucre vaut
environ 40% de plus que le mois dernier et l'huile pour cuisiner près de 15%. En début d'année, la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara était parvenue à contenir les prix des biens
essentiels et, par conséquent, à se gagner le soutien des classes les plus pauvres. "Pendant plusieurs mois les sacs de riz ont été vendus à un prix jamais supérieur à 140.000 francs, donc bien
plus bas par rapport à ceux en vigueur durant les derniers mois de la présidence de Lansana Conté", souligne père Traoré. La tendance s'est inversée depuis la répression de la manifestation au
stade de Conakry, le 28 septembre. Selon quelques organisations non gouvernementales locales, les militaires ont tué plus de 150 partisans de l'opposition la junte, tout en niant avoir de graves
responsabilités dans la répression, avait diffusé un bilan d'au moins 56 victimes. Père Traoré soutient que ces dernières semaines le gouvernement a tout fait pour se disculper: "Depuis plusieurs
jours Camara observe le silence et la junte n'a plus diffusé de communiqué. On dirait qu'ils attendent le 2 novembre, date du début des colloques au Burkina Faso avec l'opposition, menés avec la
médiation de l'Union africaine", dit encore à la MISNA le secrétaire général de la Conférence épiscopale de Guinée. Selon une étude publiée en juillet par le Programme alimentaire mondial (Pam),
environ 6,4% des 1,6 millions d'habitants de Conakry souffre de malnutrition. L'Indice de développement humain de l'Onu classe la Guinée à la 170ème place, sur 182 pays pris en compte. L'achat d'un
euro coûte aujourd'hui 8600 francs contre 6500 il y a un mois. Selon un fonctionnaire de l'Onu en poste à Conakry, qui préfère rester anonyme, "les hausses de prix ont des causes structurelles mais
sont aggravées par la crise politique".
Par moussa mahamat nour
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